Neverness to Everness

Neverness to Everness : Une anomalie qui bouscule les gachas ?

Par Laure L
Partager:
Carte cadeau PlayStation Store 50€
Carte cadeau PlayStation Store 50€
-5% 47,49 €
En profiter
Instant Gaming x Breakflip

Difficile aujourd’hui de se démarquer dans la jungle des gacha en monde ouvert. Pourtant, Neverness to Everness tente un virage intéressant en délaissant les univers classiques pour proposer une expérience urbaine, presque quotidienne… du moins en apparence. Car derrière ses rues modernes et ses façades familières se cache un monde profondément instable, où le réel se fissure à chaque coin de rue.

Après plusieurs heures sur une version de test, le constat est assez clair : le jeu possède une vraie identité, mais peine encore à équilibrer ses qualités et ses défauts. Il intrigue autant qu’il agace, séduit autant qu’il fait lever les yeux au ciel.

Une ambiance unique portée par les anomalies

L’un des plus gros points forts du jeu réside dans son univers. Le choix d’un cadre urbain contemporain fonctionne immédiatement, ne serait-ce que parce qu’il tranche radicalement avec les standards du genre. On ne parcourt pas des plaines fantastiques, pour une fois mais des rues, des quartiers, des lieux qui évoquent quelque chose de plus concret.

C’est justement cette normalité qui rend les anomalies aussi efficaces. Le jeu s’inspire clairement d’une esthétique proche de Control ou des dossiers SCP : des phénomènes étranges qui infectent le quotidien. Une simple idée, un objet banal ou un concept de tous les jours peut prendre vie et devenir une menace.

Le bestiaire bénéficie directement de cette créativité. Les anomalies ennemies sont globalement réussies et marquent davantage que les “trash mobs”, bien plus génériques. On sent que le jeu donne le meilleur de lui-même lorsqu’il exploite pleinement ce concept.

Les cinématiques participent aussi à cette identité, avec des séquences parfois très inspirées visuellement (attention cependant, certaines sont carrément gerbantes à cause d’un abus d’effet et de coupes rapides). Mais cette ambition visuelle s’accompagne d’un autre problème, plus difficile à ignorer.

Une écriture et des personnages qui divisent

Si l’univers est solide, l’écriture, elle, laisse clairement à désirer. Le jeu adopte un ton très typé gacha, avec des dialogues souvent maladroits et un humour qui tombe régulièrement à côté.

Les personnages ont pourtant de vraies personnalités. Ils existent, ils prennent de la place, et ils ne sont pas de simples silhouettes utilitaires. Mais cette présence devient rapidement envahissante, notamment à cause d’un côté très “cringe” qui ne conviendra pas à tout le monde. Menthe, en particulier, illustre parfaitement ce problème : omniprésente, bruyante, idiote difficile à apprécier sur la durée.

L’abondance de personnages très orientés “waifu” n’aide pas non plus à crédibiliser l’ensemble. Avec un ton un peu plus mesuré, le jeu aurait probablement gagné en cohérence et en impact émotionnel.

Un gameplay efficace mais déjà vu

Manette en main, Neverness to Everness se montre beaucoup plus convaincant. Le système de combat repose sur une équipe de personnages entre lesquels on peut switcher à la volée, avec des synergies et des enchaînements qui donnent du rythme aux affrontements.

Le résultat est fluide, réactif, et immédiatement agréable. On retrouve des sensations proches de titres comme Zenless Zone Zero, Wuthering Waves ou Genshin Impact, avec ce mélange d’attaques rapides et de compétences spectaculaires.

Cependant, cette efficacité masque une certaine simplicité. Le système reste assez basique dans sa structure, et repose souvent sur du button mashing, surtout en début de jeu. La profondeur vient davantage des combinaisons entre personnages que d’une réelle exigence mécanique.

Une ville vivante… et vide

Là où le jeu surprend vraiment, c’est dans sa volonté de proposer autre chose qu’une simple boucle combat–farm. Il introduit une dimension presque “simulation de vie”, qui permet au joueur de s’ancrer dans la ville.

On peut y développer des activités, comme gérer un café, acquérir un logement, posséder des véhicules ou entretenir des relations avec des PNJ en dehors des quêtes. L’idée est excellente, même si son exécution reste encore limitée. On sent que ces systèmes pourraient devenir centraux à terme, mais qu’ils sont encore en construction.

La ville, justement, laisse une impression étrange. Elle est agréable à parcourir, visuellement réussie, mais manque parfois de densité. Elle donne une sensation de vide, comme si tout n’était pas encore totalement en place.

En revanche, un point fait clairement la différence : l’absence de temps de chargement. Passer d’une activité à une autre, enchaîner les mini-jeux ou explorer la ville se fait sans interruption. Cette fluidité renforce énormément l’immersion et distingue le jeu de ses concurrents.

NTE multiplie aussi les idées de gameplay secondaires. Parmi elles, le système de prison est particulièrement fun. Être arrêté n’est pas seulement une pénalité, c’est carrément une séquence jouable, avec ses propres règles, ses possibilités d’évasion et même une forme de progression.

Les mini-jeux, eux aussi, contribuent à cette diversité. Ils apportent une respiration bienvenue entre les phases d’action, et participent à cette sensation d’un monde plus vivant, même si nous n’avons pas testé les versions multijoueurs de certains d’entre eux.

Un gacha étonnamment généreux

Sur le plan économique, Neverness to Everness fait une très bonne première impression. Le système de tirage se montre étonnamment généreux, avec une progression claire et relativement peu de frustration.

L’absence de mécanique punitive classique, comme certains systèmes de 50/50, et la conservation de la progression entre les bannières rendent l’ensemble beaucoup plus accessible. Pour l’instant, le jeu semble réellement jouable sans dépenser, à condition de s’investir dans ses activités.

Reste à voir si cette philosophie tiendra sur le long terme, car c’est souvent sur ce point que les gacha évoluent parfois dans le mauvais sens.

Une base solide mais un équilibre potentiellement fragile

Techniquement, la version test montre des signes encourageants malgré quelques crashs. Rien d’inquiétant de notre côté pour une build non finale, surtout que l’optimisation est globalement bonne, même sur des configurations modestes.

Neverness to Everness est un jeu qui ne manque pas d’idées. Son univers urbain et ses anomalies lui donnent une identité forte, ses systèmes annexes enrichissent l’expérience, et son modèle économique se montre, pour l’instant, étonnamment sain.

Mais il traîne encore des défauts difficiles à ignorer, notamment du côté de l’écriture et de certains choix de ton. Son combat, classique et pas assez varié, peine aussi à créer une véritable surprise.

Verdict

Points forts

  • Univers urbain contemporain qui change des standards du genre
  • Concept des anomalies plutôt inspiré
  • Activités annexes variées (simulation de vie, mini-jeux, prison…)
  • Exploration sans temps de chargement
  • Gacha étonnamment accessible et peu frustrant

Points faibles

  • Écriture inégale et humour un peu « cringe »
  • Surreprésentation de personnages « waifu »
  • Manque de profondeur mécanique sur les combats

PLATINE (2)

7/10

Au final, Neverness to Everness est un titre prometteur, parfois frustrant, mais suffisamment rafraichissant pour mériter qu’on s’y attarde. S’il parvient à lisser ses aspérités, il pourrait bien devenir l’une des propositions les plus intéressantes du gacha moderne.

 

Tags

Articles connexes