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Sea Of Solitude : Avis et test sur le jeu

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Un nouveau jeu promettant de parler de dépression, d'introspection et bien entendu de solitude, que vaut Sea Of Solitude le premier né de Jo-Mei Games ? Voici notre test et avis !

Commencer Sea Of Solitude c'est savoir dès la première minute que vous n'êtes ni là pour massacrer du démon, ni pour shooter du nazi et encore moins pour faire un bon barbecue avec vos potes. Ça, Kay l'héroïne à la fois attachante et parfois si frustrante du jeu, s'attache bien à vous le faire comprendre. En entrant dans le jeu vous mettez un pied dans le fléau de nos sociétés, dans l'horreur de la psyché, vous entrez dans la dépression. Dans la solitude..

 

Une direction artistique au top, une technique parfois discutable

 

Pour bien aborder le jeu vous devez d'abord situer qui en est à l'origine, Cornelia Geppert, principale créatrice, expliquait avoir eu les premières idées alors qu'elle traversait elle-même une très mauvaise passe dans sa vie. En proie au sujet principal du jeu, la solitude, c'est avec la volonté de créer une forme de catharsis en créant une passerelle émotionnelle avec le joueur que le projet a avancé.

Prenant place dans le Berlin natal de la directrice créative, vous avancerez dans une ville détaillée et submergée par les eaux, mais qui, à l'occasion, se révélera plus ou moins à vous. L'eau montera et descendra en fonction de vos sentiments et de ceux des monstres, c'est à ces moments là que vous pourrez admirer la ville autrement sous-marine. 

 

Premier constat, c'est réussi. Le jeu est beau, bien détaillé, avec une véritable volonté de rendre le tout crédible avec une grande place laissée aux petites choses. Les passages d'ombre à lumière sont splendides, les animations présentes sont bien faites et l'ambiance est parfaitement maîtrisée, passant du clair et rassurant, au sombre et terrifiant.

 

 

Malheureusement quelle déception lorsque l'on réalise rapidement que même si le jeu est graphiquement magnifique, c'est au détriment d'une technique imparfaite, allant des effets de pluie trop saccadés, aux hitboxes des monstres qui traversent les bâtiments, et encore carrément au manque d'animations sur certaines créatures (ex: le feu traversant la tête d'une créature dont la bouche refuse de s'ouvrir, c'est dommage).

On notera aussi que l'optimisation est loin d'être optimale pour un jeu du genre, cela reste néanmoins tout à fait jouable sur de petites configurations (attention tout de même à avoir une carte graphique dédiée, au minimum une RX 560 ou une GTX 1050). Cela dit la majorité de ces problèmes sont réparables et il n'est pas impossible qu'un patch viennent rapidement corriger les petits bugs et autres manquements.

 

Autrement le jeu est soutenu tout du long par des dialogues d'une qualité excellente, les doubleurs sont investis et font passer parfaitement les sentiments des personnages. Le jeu est intégralement doublé en Anglais et les sous-titres en Français sont plutôt fidèles et servent bien l'expérience (bien qu'ils soient parfois un chouilla en avance sur l'image). De même que le jeu, délibérément sans animation des lèvres, contient néanmoins des expressions faciales très bien faites, donnant ainsi plus de crédibilité et de profondeur aux dialogues.

 

 

Simple et pourtant étrangement satisfaisant

 

Côté gameplay on ne peut pas dire que le jeu soit particulièrement dur, on retrouve principalement de l'exploration et des parcours de plateformes. Pour l'exploration, vous serez guidés par des fusées lumineuses vous montrant les objectifs que vous devez atteindre (elles sont illimitées), vous risquez donc difficilement de vous perdre et les chemins pour arriver à ces objectifs sont extrêmement simples à trouver. Il en va de même pour l'aspect plateformes, le seul danger sera de tomber dans l'eau où un monstre rôde pour vous dévorer. Mais celui-ci fait des rondes dans la zone et vous n'avez qu'à attendre qu'il soit un peu loin pour vous lancer, le risque n'est pas inexistant mais il est minime. D'ailleurs au combien même vous vous feriez dévorer, le jeu ne se veut pas punitif, vous réapparaîtrez soit sur la plateforme dont vous venez de sauter soit quelques mètres avant. Rien de dramatique donc. 

 

 

Autrement vous vous déplacerez sur l'eau grâce un petit bateau (image 1) qui au niveau du contrôle fait un peu savonnette mais qui reste néanmoins très agréable à piloter. Il est la plupart du temps bienvenue mais n'aura pas d'autre utilité que de vous permettre de vous déplacer d'un point principal de l'intrigue à un autre, le reste se fera à pied. 

 

Le level design est varié et agréable sans être pour autant très novateur, on retrouve les grands classiques des jeux de plateformes. Pas de ressenti trop dirigiste puisque vous aurez diverses possibilités de cheminement, mais dans les faits un seul chemin (en général assez évident) sera le bon pour avancer.

Chaque grande étape de l'histoire sera d'ailleurs ponctuée par une forme de "combat de boss" en arène, qui se résumeront en général à des concours d'esquives et d'abus de l'IA pour récolter la noirceur qui habite chacun des monstres permettant ainsi de comprendre leur histoire. Tout est fait pour faire avancer le joueur et ne jamais lui faire sentir d'obstacle insurmontable. En réfléchissant un peu et en étant patients vous serez toujours satisfaits même si le challenge ne semble pas si difficile.

 

 

Une histoire bien tournée qui veut faire réfléchir

 

Mais bien entendu le point clef de Sea Of Solitude c'est son histoire, abordant des thèmes très durs elle ne laisse pas le choix au joueur. Elle fait appel à l'empathie et la sensibilité pour faire sentir l'obligation d'aider ceux qui vont mal à commencer par Kay, qui elle même s'est transformée et est une victime de la solitude. L'histoire est bien tournée et abordera point par point le parcours de la jeune fille pour aller vers le mieux, et ce en commençant par aider les autres, ceux qui vont mal et dont les répercussion la touchent. 

 

 

Sans être simplette et trop fleur bleue, l'histoire ne prend pas de gants pour vous mettre la tête dans les horreurs qui peuvent avoir lieu au sein des rapports humains et pour vous montrer à quel point les individus peuvent être cruels entre eux. Mais elle montre aussi que le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions et que "faire aux mieux" n'est parfois pas la bonne solution. Point particulier, Cornelia Geppert expliquait que chaque élément du gameplay était lié à quelque chose de très précis dans les sentiments et qu'il fallait voir des messages partout. Et bien c'est vrai. En prenant un peu de recul vous devrez via le gameplay, vous mettre dans la situation mentale de quelqu'un qui va mal, surmonter les mêmes épreuves et vous mettre en danger de la même manière. Le tout est ludique, le jeu reste un jeu mais cet aspect est pourtant bien présent.

 

On regrettera tout de même parfois le manque de finesse de la narration, il y a plusieurs niveaux de lecture au jeu mais de manière générale le joueur est très pris en main pour lui montrer le double sens de chaque situation et parfois un peu de trop. Mais cela n'impacte néanmoins pas l'expérience à proprement parler et on ne vous prend pas pour autant pour quelqu'un de stupide, loin de là.

 

 

 

Une expérience courte et accessible

 

Disponible sur PC, PS4 et Xbox One, le jeu vaut ses 20 euros et arrive à tenir le rôle auquel il prétendait : un bon jeu faisant passer beaucoup d'émotions avec une belle direction artistique. On regrettera cependant une durée de vie un peu courte (un peu plus de 3 heures), l'obligation de passer par Origins, le terrible launcher d'EA, pour la version PC et les quelques bugs et autres imperfections citées plus tôt.

 

Autrement le jeu peut se féliciter d'être aussi accessible à une moyenne d'âge très jeune puisque facile à prendre en main et ayant sa narration très explicite qui peut servir d'instrument de sensibilisation aux problèmes familiaux et scolaires par exemple. Le tout sans pour autant repousser les joueurs plus âgés qui pourront aussi apprécier le jeu puisque suffisamment adulte dans sa façon d'aborder les choses.

Par Nakarasia, le 11/07/2019

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