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Test Code Vein II : entre ambition vampirique et morsure émoussée

Par Léo Girardeau
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Quand on vous offre la possibilité de réparer les erreurs du passé, jusqu’où êtes-vous prêt à aller ? Corriger les symptômes ou plonger jusqu’à la racine du mal ? Code Vein II bâtit toute son expérience autour de cette question centrale, en proposant un action-RPG ambitieux mêlant voyage temporel, morale, combats exigeants et esthétique gothique assumée.

Développé et édité par Bandai Namco, ce second opus entend faire évoluer la formule du jeu de 2019 en l’ouvrant à un monde plus vaste, des systèmes plus profonds et une narration plus ambitieuse. Une promesse séduisante… mais qui ne tient pas toujours toutes ses dents jusqu’au bout.

Une quête à travers le temps pour sauver un monde condamné

Dans Code Vein II, vous incarnez un Revenant Hunter, récemment mort puis ressuscité, chargé de combattre des créatures monstrueuses dans un monde post-apocalyptique au bord de l’effondrement. Accompagné de Lou MagMell, une mystérieuse figure vampirique, votre mission est simple sur le papier : empêcher la fin du monde.

Pour cela, le jeu vous fait voyager entre le présent ravagé et un passé vieux de 100 ans, où vous revivez les derniers instants de héros déchus, enfermés dans des cocons. En explorant leurs souvenirs, vous découvrez leurs tragédies, affrontez ce qu’ils sont devenus… et tentez de réécrire l’Histoire.

Sur le principe, l’idée est forte. Les premières heures sont réellement intrigantes, notamment lorsqu’on comprend comment d’anciens alliés sont devenus les monstres que l’on affronte dans le présent. Le voyage temporel apporte une vraie identité au jeu, du moins au début.

Code Vein II.
© Bandai Namco

Une narration ambitieuse… mais qui s’essouffle

Malheureusement, cette structure narrative montre rapidement ses limites. Si certains arcs sont brillants, l’un d’eux en particulier se démarque par sa profondeur et ses surprises, la majorité souffre d’un rythme poussif.

Les allers-retours constants entre présent et passé finissent par devenir mécaniques : chargement, courte cinématique, couloir spectral servant d’exposition, nouveau chargement… Un schéma trop souvent répété, qui casse l’immersion et dilue l’impact émotionnel.

À cela s’ajoute un univers saturé de jargon et de noms propres, qui peut rapidement décrocher le joueur, d’autant plus que les performances vocales peinent à donner du poids aux enjeux pourtant élevés.

Un monde ouvert… peu engageant

Sur le papier, Code Vein II propose un monde ouvert découpé en trois grandes zones, explorables dans l’ordre de votre choix. Dans les faits, l’overworld se révèle fade et laborieux à parcourir.

Les marqueurs de carte, qu’il faut détruire pour révéler certaines informations, rendent la lecture confuse. La moto, pourtant pratique sur le principe, devient vite frustrante à manier sur des terrains encombrés de débris, et l’exploration à pied manque cruellement de récompenses mémorables.

Les donjons ne sauvent pas vraiment la mise : beaucoup se ressemblent, enchaînant laboratoires souterrains, prisons, centrales et autres environnements industriels peu inspirés. Le level design est fonctionnel, mais rarement marquant.

Code Vein II.
© Bandai Namco

Un système de combat riche… mais sous-exploité

C’est pourtant sur le terrain du gameplay que Code Vein II montre son potentiel le plus évident.

Le système repose toujours sur une base soulslike, avec une grande liberté laissée au joueur pour façonner son style de combat :

  • Blood Codes, qui déterminent vos statistiques majeures et votre rôle
  • Large variété d’armes (hallebardes, doubles lames, marteaux, épées lourdes…)
  • Capacités consommant de l’Ichor
  • Formae offensives et défensives
  • Armes Jail pour les attaques drainantes et finishers stylisés
  • Compagnons IA offrant buffs ou soutien direct

La grande force du jeu réside dans la souplesse de son système : changer de Blood Code à tout moment, adapter son équipement sans pénalité lourde, expérimenter librement… Sur le papier, tout est là pour encourager la créativité.

Mais dans les faits, le level design et les ennemis n’incitent pas assez à varier les approches. Les affrontements deviennent rapidement répétitifs, et il est souvent plus efficace – et plus rapide – de simplement manier une arme lourde sans exploiter toutes les subtilités offertes.

Code Vein II.
© Bandai Namco

Des boss inégaux, entre spectacle et frustration

Les combats de boss suivent la même logique contrastée.

Certains affrontements majeurs, bien intégrés à la narration, sont accompagnés de thèmes musicaux exceptionnels et proposent des patterns intéressants à apprendre. Ceux-là brillent réellement.

Mais beaucoup d’autres souffrent de problèmes techniques : caméra capricieuse, hitboxes discutables, attaques peu lisibles ou injustes. Difficile alors de parler de challenge gratifiant, tant la frustration prend parfois le dessus.

Les mini-boss, nombreux, apportent un peu de variété, mais deviennent vite prévisibles.

Une direction artistique et sonore qui divise

Visuellement, Code Vein II fait un choix fort : une esthétique gothique, bariolée, parfois très chargée. Un parti pris qui divisera clairement. Certains y verront une identité affirmée, d’autres une direction artistique criarde et peu harmonieuse, qui fatigue sur la durée.

La bande-son, en revanche, est l’un des points forts du jeu. Mélange audacieux de rock et d’influences baroques, elle accompagne parfaitement les combats et donne une vraie ampleur aux affrontements clés.

En revanche, le sound design global est décevant : effets manquants, impacts peu percutants, moto étrangement silencieuse… Des détails, certes, mais qui nuisent à l’immersion.

Code Vein II.
© Bandai Namco

Verdict : une ambition louable, une exécution inégale

Code Vein II est un jeu profondément paradoxal.

Il regorge de bonnes idées, de systèmes riches, d’une vraie volonté d’évolution par rapport au premier opus. Son univers, son thème du passé à réparer et certaines séquences narratives marquent durablement.

Mais ces qualités sont trop souvent freinées par un rythme étiré, une exploration peu inspirée et une répétitivité qui s’installe bien avant le générique de fin. Sur la durée, l’expérience peut devenir monotone, au point que la satisfaction finale tient autant à l’accomplissement qu’au soulagement.

Il y a clairement quelque chose de fort enfoui sous la surface, mais Code Vein II peine à s’émanciper totalement des inspirations dont il se nourrit. Un jeu qui séduira les fans de la licence et les amateurs d’action-RPG exigeants, mais qui risque de laisser les autres sur le bord du chemin.

 Note : 6/10

Une suite ambitieuse, parfois brillante, mais trop inégale pour s’imposer durablement dans un genre déjà très compétitif.

Code Vein II est disponible depuis le 29 janvier sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S.

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