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Test de God of War Sons of Sparta : Un préquel intéressant, mais trop timide pour convaincre

Par Léo Girardeau
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Sorti par surprise lors d’un State of Play, God of War: Sons of Sparta est un pari inattendu. Santa Monica Studio, accompagné de Mega Cat Studios, propose ici un spin-off en 2D façon Metroidvania, centré sur la jeunesse de Kratos et sa relation avec son frère Deimos. Sur le papier, l’idée est séduisante : explorer les origines du Fantôme de Sparte tout en expérimentant avec un genre différent.

Malheureusement, malgré quelques qualités et un réel intérêt narratif, Sons of Sparta ne parvient jamais à se hisser à la hauteur de la licence qu’il représente.

Une plongée intéressante dans la jeunesse de Kratos…

God of War: Sons of Sparta adopte une structure narrative originale. Kratos raconte à sa fille Calliope une histoire de sa jeunesse, dans laquelle lui et Deimos apprennent la véritable signification du devoir.

Ce cadre narratif permet d’explorer un aspect encore peu développé du personnage : sa jeunesse, bien avant les événements du premier God of War. Le retour de TC Carson à la narration, voix originale de Kratos, apporte d’ailleurs une touche de nostalgie bienvenue.

Mais rapidement, quelque chose ne fonctionne pas. Ce jeune Kratos manque de la présence, de la rage et du charisme qui définissent le personnage. La relation avec Deimos, pourtant centrale, tourne en rond, répétant les mêmes tensions et dialogues sans réelle évolution. Le résultat est une histoire correcte, mais jamais marquante.

Un Metroidvania… qui n’en est pas vraiment un

Présenté comme un Metroidvania, Sons of Sparta s’apparente davantage à un jeu d’action-plateforme 2D avec quelques éléments du genre.

Sur le papier, tous les ingrédients sont là :

  • Une carte interconnectée
  • Des capacités qui débloquent de nouvelles zones
  • Des améliorations à collecter
  • Du backtracking

Mais dans les faits, tout paraît superficiel.

La carte, bien que vaste, manque de cohérence. Les zones semblent assemblées sans réelle logique, et l’exploration n’est jamais particulièrement gratifiante. Les nouvelles capacités, appelées « Gifts from Olympus », débloquent rarement des possibilités intéressantes. Elles servent plus de clés que de véritables outils transformant le gameplay.

Pire encore, le jeu limite parfois volontairement l’exploration, allant à l’encontre des principes mêmes du genre.

Un gameplay solide… mais terriblement basique

Le principal problème de Sons of Sparta tient en un mot : basique.

Le système de combat repose sur des fondamentaux simples :

  • Attaquer
  • Esquiver
  • Sauter
  • Se soigner

Il existe bien une mécanique de parade, mais elle est largement moins efficace que l’esquive, ce qui réduit encore la profondeur du gameplay.

Heureusement, la seconde moitié du jeu relève légèrement le niveau. Les boss deviennent plus intéressants, les défis environnementaux plus exigeants, et le positionnement prend davantage d’importance. La maîtrise des mouvements de Kratos devient alors essentielle, notamment pour gérer les patterns ennemis.

Mais ce regain arrive trop tard, et le jeu ne développe jamais pleinement ses meilleures idées.

Une direction artistique et une réalisation décevantes

Visuellement, Sons of Sparta déçoit clairement. Son style artistique minimaliste manque de personnalité et d’impact. Rien n’est réellement mauvais, mais rien ne marque non plus.

Pour une licence aussi emblématique que God of War, difficile de ne pas ressentir une certaine frustration.

Cette sobriété visuelle renforce le sentiment général : celui d’un jeu qui joue la sécurité, sans jamais prendre de risques.

Du contenu… mais sans réelle récompense

Le jeu propose malgré tout du contenu secondaire :

  • Boss optionnels
  • Collectibles
  • Portes secrètes
  • Éléments de lore
  • Mode coopératif post-game

Mais là encore, tout semble superficiel. Ces activités ressemblent davantage à des tâches à cocher qu’à de véritables défis enrichissants.

Le mode coopératif, notamment, manque d’ambition et ne parvient pas à renouveler l’expérience.

Un spin-off qui manque d’identité

Le plus gros défaut de God of War: Sons of Sparta est peut-être son manque d’identité.

Il n’est jamais assez ambitieux pour être un grand Metroidvania.
Il n’est jamais assez narratif pour être un grand God of War.
Il n’est jamais assez audacieux pour surprendre.

Pire encore, Kratos et Deimos pourraient être remplacés par n’importe quels personnages, et l’expérience resterait presque identique.

Le jeu ressemble davantage à un titre sorti avant God of War (2005), plutôt qu’à un spin-off moderne sorti en 2026.

Verdict : un chapitre oubliable dans la saga de Kratos

God of War: Sons of Sparta n’est pas un mauvais jeu. Il est fonctionnel, parfois intéressant, et propose quelques bons moments.

Mais il manque cruellement d’ambition, de profondeur et de personnalité.

Il enrichit légèrement le lore de Kratos, mais ne justifie jamais pleinement son existence en tant que jeu.

Les fans les plus curieux y trouveront un certain intérêt. Les autres risquent d’en ressortir avec une seule impression : celle d’un jeu correct… mais totalement oubliable.

6/10

Un spin-off intéressant pour son lore, mais trop basique et trop prudent pour marquer durablement.

Points positifs

  • Une plongée inédite dans la jeunesse de Kratos
  • Quelques combats de boss réussis
  • Un gameplay fonctionnel et accessible
  • Du contenu secondaire pour prolonger l’expérience

Points négatifs

  • Un Metroidvania trop superficiel
  • Un gameplay trop basique
  • Une direction artistique oubliable
  • Une narration répétitive
  • Un manque cruel d’ambition
  • Une expérience globalement oubliable

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